Prix d’une photo

L’objet de mon article aujourd’hui sera d’expliquer (de manière empirique bien entendu et qui sera quelque peu différente selon le statut utilisé pour travailler, et sa façon d’exercer) le coût d’une photo, ou du moins, du temps de travail permettant de la réaliser.

La période estivale est une période parfois délicate car c’est généralement la où je reçoit de nombreux appels me demandant combien je prends pour faire des photos. Ma réponse est toujours la même : « Ca dépend de ce que vous voulez !! »
J’ai souvent pour habitude de demander pour comparer : « Est ce qu’un maçon serait en mesure de vous faire un devis  pour construire votre maison, sans que vous lui donniez les informations de la surface, des matériaux que vous souhaiteriez utiliser et du plan que vous auriez en tête ? »
Ça parait toujours évident pour le maçon, beaucoup moins pour le photographe.

Mais une fois les renseignements pris, je ne manque jamais de faire établir un devis (ha oui, je ne vous ai pas dit, mais je ne donne plus de tarif juste par téléphone, et j’ai retiré la quasi totalité de mes tarifs sur mon site internet…) dans les meilleurs délais que je m’empresse de transmettre à mon client, pour bien souvent me faire répondre : « A quand même !! C’est pas donné !! »

J’avoue qu’au début où je me suis installé, cette phrase me traumatisait !! Suis je trop cher? Comment convaincre le client de signer le devis s’il trouve dès le départ que c’est trop cher? etc, etc…
Erreur de jeunesse j’avais donc tendance quasi à chaque fois de rogner sur ma marge, pensant que c’était mon unique chance de convaincre mon client. Je vous rassure, la vie s’est chargée de me remettre dans le droit chemin et de me faire arrêter cette pratique qui s’est montrée à chaque fois inutile !!
Mais il faut bien  faire son expérience…

Bref, toujours est-il que maintenant, j’ai fait le choix d’expliquer à mes clients pourquoi la prestation qu’ils me demandaient avait ce coût, et je vais tenter de vous l’expliquer ci dessous…

Il a d’abord fallu que je fasse le point sur ce que je voulais gagner par mois, après avoir fais 2 années d’études sur Montpellier et 11 ans d’expérience à mon compte.
Je n’ai pas voulu être trop gourmand, je suis parti sur un revenu net de 1.500€.

Puis il a fallu, avec le recul, que je fasse le point sur ce que me coutait ma structure pour travailler.. On part bien du principe que je parle (enfin j’écris) en qualité de photographe « Pro ». (voir mon article sur la différence entre photographe « Pro » ou « Amateur »)

Voila donc le résultat : réfléchi sur 12 mois
_ Salaire souhaitez  : 1.500€ x 12 soit : 18.000€
_ Charges salariales Et patronales car j’ai fait le choix d’être salarié de ma société : +/-82% soit : 14.400€
_ Assurances : +/- 400€
_ Loyer :  3.600€
Communication comprenant flyers, carte de visite, affiches,etc : +/-400€
Téléphone et internet : 840€
Investissement : +/- 500€
Réparation et entretien matériel : +/- 500€

Ce qui nous fait un total d’environ : 38.640€
Je vais arrondir à 39.000€ car chacun sait qu’a force d’arrondir, on fini toujours par être trop bas…

Me voila donc à devoir réaliser un chiffre d’affaire de 39.000€ sur mon année.

Comment cela doit être réalisé en sachant que je travaille :
_ 47 semaines par an (un photographe à lui aussi droit à quelques semaines de vacances)
_
5 jours par semaine (j’ai pas dis que les 2 jours de repos étaient forcement samedi et dimanche ni non plus des jours entiers)
_
8 heures par jours (la encore j’ai pas dis que je faisais 8h/12h-14h/18h)

Donc en faisans le simple calcul : 39.000/47/5/8 ça nous donne un taux horaire de 21.00€

Mais il ne faut pas oublié que le métier de photographe n’est pas un métier où l’on est garantie de travailler – de manière rémunéré – tous les jours !! Et c’est la que beaucoup de personne font l’erreur.

Si l’on prend les études qui ont pu être réalisées par les groupements de photographes, il en ressort que seul +/- 30% du temps de travail consiste à réaliser nos photos. Par conséquent, seul ces 30% sont facturés et doivent nous permettre de réaliser notre chiffre d’affaire !!

Les 70% restant -pour ma part –  permettent :
_ de faire ma communication – je fais tout moi même – maquette des flyers, maquette des cartes de visite, mise à jour de mon site internet,etc..
_ de distribuer ma communication, (ca ne se fait pas tout seul et en restant sur le bureau ça n’a aucune utilité)
_ de démarcher de nouveaux clients
_ de chercher de nouveaux partenaires,

Pour les clients :
_ de les recevoir pour étudier leurs besoins,
_ de faire les devis et de les envoyer,
_ de faire les factures et de les envoyer,
_ de livrer les travaux,

Pour la société :
_ de faire mes planning,
_ de faire ma comptabilité

Voilà donc les raisons pour lesquelles, si je veux que ma société soit pérenne dans le temps et pouvoir vivre juste correctement, (je vous rappelle que tout ça au final me permet de vivre avec 1.500€ / mois après 2 années d’études qui m’ont coûté 30.000€ et 11 ans d’activités.) je devrais facturer à mes clients un taux horaire de +/- 60.00€.

J’attire malgré tout votre attention sur une ligne que tous les photographes « Pro » risquent de trouver erronée, celle de l’investissement.
Prévoir 500€ d’investissement par an ne permet même pas de changer son appareil si celui ci tombe en panne…

Je rappelle également que ce calcul n’est basé Que sur Ma façon de travailler et avec Mes moyens !! Vous vous doutez bien que pour des studios photos de 500m2, rien que les loyers et les assurances changeront la donne !!

Pour ma part, mes choix ont été fait en fonction de ma zone géographique, des clients potentiels avec qui je pouvais être amener à travailler et de mes besoins au quotidien.

Vous l’aurez compris, ces 60.00€ permettent juste de couvrir les frais de fonctionnement.
Il faudra bien entendu ajouter à cela le montant des supports utilisés (tirage papier, livre photo, droit d’utilisation des fichiers numériques,etc…)

J’espère que ces quelques lignes vous feront prendre conscience de certaines choses et que dans le futur vous trouverez autant normal de payer votre photographe pour sa prestation le prix qu’il vous demande que de payer votre maçon ou votre plombier (attention, j’adore mon maçon et mon plombier la n’est pas la question !!) lorsqu’ils vous facturent +/-40.00€ ht juste en main d’œuvre.

 

Pour finir, je vais tenter de trouver quelques raisons pour lesquelles vous pourriez trouver votre photographe à un tarif plus bas :

_ Il vous connait et veut vous faire plaisir.
Ce n’est pas une obligation pour en profiter à chaque fois…
_
Il n’a pas besoin de payer de loyer.
Faites en sorte de savoir où le trouver dans le cas où vos travaux ne vous seraient pas livré
_ Il ne paie pas ses charges,
Vous n’allez pas tarder à ne plus le voir
_ Il n’a pas besoin de grand chose pour vivre tous les mois,
Allez vite remercier sa femme (dans le cas où le photographe est un homme bien sur)
_ Il est à la retraite et pratique que le weekend,
Grand bien lui fasse, moi je suis pas sur d’en avoir une

Bref, un peu d’humour ne fais jamais de mal.

A très bientôt,

Et comme d’habitude, laissez vos commentaires (constructifs)

Sébastien
www.tadi.fr

Fichiers numériques – Épisode 1

Épisode 1 : Les effets néfastes du fichier numérique.

Depuis que je me suis installé à mon compte en 2005, j’ai vu l’évolution (dans le mauvais sens à mon goût) des comportements du public vis à vis du photographe et l’arrivée du numérique y est pour principale raison.

A l’époque (période des dinosaures pour certains) où le photographe travaillait en argentique (moi je tentais plutôt la boite de thé) il était inconcevable pour ce dernier de livrer ses négatifs à ses clients.
La question ne se posait même pas!! On choisissait un album dans lequel le photographe venait coller nos photos, album qu’on rangeait précautionneusement, ce qui me permet encore aujourd’hui de visionner les photos de mariage de mes parents.

Aujourd’hui, non à cause du fichier numérique à proprement parlé bien sur, mais à cause de l’utilisation qu’on en a fait, c’est le strict inverse qui se produit. Des couples souhaitant se faire photographier lors de leur mariage (ou autre, baptême,etc…) ne viennent même plus avec l’idée de quoi faire avec leurs photos mais juste savoir avec combien de fichiers numériques ils vont repartir  et pour quel prix !!

Comment leur en vouloir, quand la guerre sur un secteur tant concurrentiel ne s’est pas fait sur la qualité des photos réalisées, (bien que certains soient malgré tout très bon)  mais sur la quantité des fichiers fournis pour toujours le plus bas prix.

Je parle des cérémonies de mariage, mais c’est aussi le cas pour les auteurs !!
Passé un temps, je participais à des marchés artisanaux où je vendais mes photos. Cela a duré un certains temps, jusqu’au jour où j’en ai eut assez d’entendre me dire: Au maintenant vous savez, avec le numérique, tout le monde peut faire pareil !!
Au début, j’ai essayé d’expliquer aux personnes qu’il ne suffisait pas d’appuyer juste sur un bouton. Qu’il fallait savoir comment régler son appareil, faire du repérage sur les lieux qu’on veux photographier,etc…
Mais j’ai du me rendre à l’évidence, que sur ce public, la différence entre une photo travaillée et une photo faites à la volée n’a strictement aucune différence !!

Attention: je parle de manière générale, il est bien évident qu’il m’est arrivé d’échanger avec des personnes qui s’intéressaient et qui reconnaissaient mon travail !! Mais malheureusement, ça ne payait pas les frais.

 

Le numérique, avec le soutient des marques, à permis que notre métier (dans les domaines les plus courant) apparaisse comme quelque chose de facile, où il suffit d’appuyer sur un bouton, que tout le monde peut faire, où la photo n’est plus un support mais un format. Qui n’a jamais demandé, en parlant d’un fichier numérique issu d’un téléphone: Tu m’enverras la photo que tu as faites?
La différence entre le fichier numérique et la photo n’existe quasiment plus.

Ce qui à permis aux photographe du dimanche (enfin du samedi plutôt) ayant pu se payer une boite numérique (n’appelons pas ça un appareil photo puisque pour certains seul le mode Auto est utilisé) de s’incruster dans le métier, tout en précisant bien qu’ils sont amateurs… Je vous renvoi vers l’article où je fais la différence entre photographe « Pro » ou « Amateur ».

Résultat : De nombreux photographes ne s’en sortent pas et plus personne (ou presque) ne voit les photos d’une cérémonie de mariage…

Heureusement, tout n’est pas tout noir et de plus en plus de photographes (dont j’essaie de faire parti) font en sorte de ramener notre métier à sa juste valeur !!

Nous verrons comment certains s’y prennent et moi-même dans un prochain article.

A très bientôt,

Photographiquement,
Sébastien
www.tadi.fr

Comme d’habitude, n’hésitez pas à laisser vos commentaires constructifs !!

Pro ou amateur ?

Vous pouvez difficilement passer à côté de ces termes lorsque vous lisez des articles liés à la photographie « cherche pro », « Amateur proposant ses services » etc, que ce soit dans des revues ou sur des réseaux sociaux.

Ce qui me surprend toujours, c’est de voir que pour beaucoup, la différence n’est pas flagrante et les conséquences encore moins.
Cela parait pourtant simple.

Voilà mon point de vue.

Je commencerais par les Pros.
Il s’agit ni plus ni moins que de personnes exerçant la photographie de manière déclarée. C’est à dire disposant d’un statut fiscal, peu importe que ce soit en société, autoentrepreneur, artiste, artisan ou autre qui permette à l’administration fiscale de contrôler l’activité réalisée.

Cette « qualification » donne le droit d’exercer de manière légale, de pouvoir établir des factures (ou des droits d’auteur) pour la vente des travaux réalisés mais cela ne veut pas dire pour autant que l’activité de photographe vous occupe 7 jours/7, 24 heures/24.
Vous pouvez très bien exercer une autre activité à côté (bien que cela ne soit pas forcément bien vu.) et conserver votre statut de « Pro ».

Également, en qualité de « Pro », vous savez en faisant appel à lui que le photographe dispose de toutes les assurances nécessaires au bon déroulement de la prestation sur laquelle il intervient. C’est un critère bien souvent mis de côté, mais qui a toute son importance lorsqu’ arrivent des problèmes.
De plus, le « Pro » devant payer des impôts et des charges de fonctionnement, devra s’assurer de mettre toutes les chances de son côté pour que sa prestation soit assurée. Il y a donc de forte chance pour qu’il dispose de matériel en double, garantissant pour lui la sécurité de son travail et pour vous la garantie d’avoir vos photos.

Toutefois, ce qualifiant de « Pro », sous entend souvent que le photographe est bon dans tous les domaines. Et c’est une erreur !! (je profiterai d’un prochain article pour y revenir.)

 

Je continue donc par les « Amateur ».
C’est bien simple, ce sont toutes les personnes ne se trouvant pas dans le système décrit ci-dessus.

Un amateur peut posséder du matériel plus cher qu’un pro, peut passer encore plus de temps à faire des photos, peut avoir une culture plus poussée de l’histoire de la photo et l’histoire de l’art. Il peut tout avoir de plus, la seule différence, quoi qu’il fasse, il ne faut pas qu’il le fasse pour de l’argent. C’est tout !!

Mais il arrive parfois que des « Amateurs » fassent de bien plus belles photos que des « Pros », dans un domaine spécifique et il est bien tentant de ce fait, de se laisser glisser vers une pratique professionnelle, sans en assumer les conséquences. C’est la tout le problème.

C’est la raison pour laquelle, je ne manque pas à chaque fois que l’occasion m’est donné, d’inciter certains « Amateurs » à devenir « Pro ».

Voilà ce que je pourrais donner comme définition du « Pro » et de l’ « Amateur ».

N’hésitez pas à me laisser vos commentaires (constructifs)

Au plaisir,

Sébastien
www.tadi.fr